Edito

Guerre, paix, élections, répression, Intégration ou indépendance, la situation géopolitique évolue chaque jour à travers le Monde. Chaque décision politique ou économique est motivée par des ambitions ou par des intérêts stratégiques.

Dans ce contexte s'opposent bien souvent la défense des droits de l'homme et la real politik. A travers ses billets, Laurent Huet-Kabacinski cherche à vous apporter un éclairage supplémentaire sur ce Monde en constante évolution.

Le double échec de François Bayrou

Au lendemain de l’élection présidentielle française, François Bayrou semble isolé comme jamais.

Sa campagne, axée avant tout sur la réduction des déficit et sur la moralisation de la vie politique, abordait les sujets les plus importants en temps de crise économique.

Elle avait de quoi rassembler beaucoup d’électeurs lassés du traditionnel débat gauche-droite. D’autant plus que le leader du Modem semblait avoir affirmé entretemps une stature présidentielle sérieuse et calme, que semblaient rechercher les électeurs après 5 ans d’omniprésidence assurés par Nicolas Sarkozy.

Cependant, les sujets liés à la sécurité et à l’immigration auront été sciemment évités par le candidat centriste, alors qu’ils préoccupent les français depuis de nombreuses années maintenant.

Résultat, un échec cinglant, le premier, lors du premier tour de l’élection présidentielle 2012. Les électeurs mécontents de la situation économique, politique, mais aussi sécuritaire,  auront préféré porter leur voix à Marine Le Pen qu’à François Bayrou qui ne rassemblera qu’à peine 9% des suffrages.

Durant la campagne, Bayrou avait qualifié François Hollande de candidat de l’illusion (promesses intenables de création de dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, de dépenses sociales importantes…) et Nicolas Sarkozy de candidat de la Division (polémiques sur l’immigration, sur les “cadeaux” faits au riches…). De fait, il ne pouvait logiquement pas choisir entre deux candidats qu’il avait si durement critiqué. Et pourtant, coup de théâtre au lendemain du débat de l’entre-deux tours, Bayrou choisi publiquement de voter “Hollande”.

Près de 70% des électeurs ayant voté pour le candidat du Modem au premier tour sont issus de la droite, et le Modem lui-même est issu de l’UDF, ancien parti de centre-droit. En se prononçant en faveur du candidat socialiste, François Bayrou se coupe de la base de son électorat,, qui se sent trahi, et positionne le Modem au centre-gauche, zone déjà occupée par Europe Ecologie et les radicaux de Gauche.

Avec ce second échec, François Bayrou voit ses dernières chances d’être élu un jour président de la République (2017 ou 2024) s’envoler.

 

La Politique étrangère française ne changera pas en profondeur avec l’arrivée de François Hollande à l’Elysée

Durant son mandat, Nicolas Sarkozy avait opéré un virage notable en politique étrangère, notamment dans les relations transatlantiques, par rapport à son prédécesseur Jacques Chirac, pourtant du même parti. Doit-on attendre un changement en profondeur de la politique étrangère avec l’arrivée du PS au pouvoir? La réponse est non.

Nicolas Sarkozy a réintégré la France au sein du commandement intégré de l’OTAN, a porté à bouts de bras l’intervention de la France en Lybie et enfin, a privilégié autant que possible la real politik avec les pays qui ne sont pas forcément très regardants sur les droits de l’Homme, avec pour objectif affiché de les faire rentrer dans le droit chemin.

De ce point de vue, François Hollande ne devrait pas trop changer l’orientation de la France vis à vis des autres pays, hormis peut-être une propension moindre à intervenir militairement à l’étranger. Le retrait des troupes d’afghanistan, point par ailleurs très discutable, en est l’illustration. Il ne s’agit que d’un changement de date, et non d’une véritable doctrine de non engagement.

Au niveau Européen, Sarkozy et Hollande ont la même volonté de peser de tout leur poids, privilégiant les relation franco-allemandes sur le consensus à 27 pays. La seule différence réside dans les moyens de le faire. Aucun des deux ne semble porter le projet d’une Europe davantage fédérale, avec notamment un président européen élu au suffrage universel, qui ferait par définition de l’ombre au président français.

Seul point de divergence, l’économie. Sarkozy appliquait la rigueur tandis qu’Hollande souhaite introduire de la relance au niveau Européen. Mais les deux doivent réduire le déficit budgétaire, ce qui réduit inévitablement les marges de manoeuvre.

Bref, pas de grand changement à l’horizon.

 

Peut-on aider les Syriens à chasser Bachar Al Assad du pouvoir ?

Alors que cela fait plus d’un an que la population Syrienne se soulève contre le régime en place, aucune intervention directe et indirecte des pays occidentaux n’est envisagée. Pourquoi?

Bien que les images en provenance des villes rebelles (Homs, Idleb, Hama) pilonnées par les forces militaires pro-régime soient insupportables, dans la conjoncture actuelle, il est difficile d’intervenir pour empêcher le massacre. D’un part parce que la Russie impose encore et toujours son veto au conseil de sécurité des Nations Unies contre une intervention militaire. Elle est également toujours suivie en ce sens par la Chine, qui s’aligne généralement sur les positions de Moscou en ce qui concenrne le monde arabo-musulman. Outre le fait que la non ingérence dans les affaires intérieures d’un pays soit l’argument récurrent de Moscou et de Pekin, il s’agit surtout de consolider la présence russe au proche orient (Moscou dispose d’une base navale en Syrie) et de contrecarrer l’influence occidentale dans la région (Afghanistan, Irak, Emirat Arabes Unis, Qatar, Israel, et maintenant la Libye)

D’autre part, des groupes terroristes se sont infiltrés parmi les rebelles. Fournir des armes à la rébellion serait comme fournir des armes au Hamas, au Hezbollah voire même à Al Qaida. Après la Libye, les occidentaux refuseront de faire la même erreur une seconde fois.

La clé réside donc dans l’opinion publique Russe, qui pourrait vouloir stopper le massacre en cours en Syrie, et faire pression sur le Kremlin pour arrêter le soutien à Bachar Al Assad, et ne plus opposer son veto à l’ONU. Pekin suivrait sans doute.

Ensuite qui devra intervenir? Les Russes, les monarchies arabes, les pays occidentaux, l’Otan? c’est un autre débat…

Pourquoi l’Union Européenne doit-elle devenir fédérale?

Le constat est simple : Hormis l’Euro et l’espace Schengen, l’Union Européenne n’a pas apporté grand chose de positif au citoyen européen lambda, en tout cas de manière concrète.

Les directives européennes pleuvent et constituent autant de contraintes supplémentaires qui s’ajoutent aux lois nationales déjà très restrictives… Le parlement Européen, pourtant situé à Strasbourg, nous paraît si loin que les députés européens ne semblent que se représenter eux-mêmes… Le fonctionnement des institutions européennes est totalement incompréhensible pour les citoyens, et aucune figure politique ne paraît être en mesure de devenir la voix de l’Europe. Enfin, la crise Libyenne l’a encore une fois démontré, l’Europe de la défense est au point mort. La politique étrangère européenne est une véritable cacophonie et à 17, le consensus nécessaire à toute prise de position devient de plus en plus difficile à obtenir. Enfin, l’Europe n’est pour le moment qu’une puissance économique (bien qu’on n’ait pas véritablement de gouvernement économique européen) mais absolument pas une puissance politique au niveau mondial.

Résultat : dans le meilleur des cas, les Européens déçus deviennent de plus en plus Eurosceptiques, et dans le pire des cas, ils deviennent tout simplement Europhobes et alimentent ainsi les extrêmes droites nationales…!

Une mesure paraît de plus en plus nécessaire pour relancer la machine : il faut refonder l’Union Européenne, en fédéralisant les institutions et les moyens.

En clair, au niveau institutionnel, il nous faut un Président de l’Union Européenne élu au suffrage universel direct, un gouvernement avec des ministres devant rendre des comptes au parlement européen, dont les députés sont issus des différentes régions de l’Union Européenne. Il pourrait être intéressant de faire siéger l’ensemble des présidents de régions d’Europe dans un chambre haute de type Sénat.

Au niveau national, les gouvernements disposeraient d’une large autonomie en ce qui concerne l’éducation, la culture, le patrimoine, la santé et bien d’autres choses, mais la Défense, les Affaires Etrangères, l’Economie et la Justice doivent devenir fédérales. Imaginez les économies réalisées à grande échelle pour notre défense! Imaginez une Europe aux taux de TVA harmonisés, où la justice est partout la même, qui parlerait d’une seule voix vis à vis de nos partenaires étrangers!

Il y aurait plusieurs grandes barrières psychologiques à surmonter : Une Langue officielle des institutions Européennes, Plus d’indépendance nationale au sens strict, et l’Arme Nucléaire mise en commun. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir!

Elections Cantonales – UMP : 3 raisons de ne pas donner de consignes de votes

Vives critiques de la Gauche et petite cacophonie au sein de la majorité : La décision de l’Etat-Major de l’UMP de ne pas donner de consignes de votes pour le second tour des élections cantonales (dans les cantons où le candidat UMP a été éliminé au 1er tour) a beaucoup fait jaser. cependant, stratégiquement parlant, l’UMP a eu raison de prendre cette décision, et ce pour 3 principales raisons:

  • Les élections cantonales ne doivent concerner que les cantons, et pas l’échiquier politique national. Les électeurs doivent voter pour un candidat et un programme local, et pas pour un parti national. Toute conclusion au niveau national (sur les plateaux télé notamment) est donc nulle et non avenue. Dans ce contexte, la campagne du FN mettant en avant Marine Le Pen à toutes les sauces est donc totalement ridicule.
  • Les électeurs ne sont pas des moutons. Ce n’est pas au parti de choisir pour les électeurs. D’ailleurs,au niveau local, cela n’aurait aucun sens puisqu’il faudrait des consignes de vote locales au cas par cas selon les candidats restants  (qui peuvent être PS, FN, PCF ou autres…)
  • Au sein des sympathisants habituels de l’UMP, il y a une proportion non négligeable d’électeurs qui ont voté Front National au premier tour (en signe de protestation et pas en signe d’adhésion). Nicolas Sarkozy ne peut pas se permettre de s’aliéner une partie des électeurs UMP habituels en désavouant leur vote protestataire pour le FN au premier tour des élections cantonales. Le “ni Front Républicain – ni Front National” est une manière de ménager la chèvre et le chou en vue de l’élection présidentielle.

Vous l’aurez compris, même si moralement le choix de l’UMP peut être discutable, au niveau électoral, il me semble tout à fait justifié.

Libye – Irak : Pourquoi intervenir cette fois-ci?

L’intervention militaire en Libye est-elle justifiée?  Pourquoi la France, qui s’était opposée avec vigueur à l’invasion de l’Irak de Saddam Hussein est-elle cette fois le fer de lance des bombardements en Libye, elle-même sous le joug d’un dictateur? Le débat fait rage dans les chancelleries du Monde entier, mais également dans l’opinion publique.

Avec l’adoption de la résolution 1973  du 17 Mars 2011 à l’ONU, une coalition militaire emmenée par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont lancé une offensive aérienne avec pour objectif de stopper l’avancée des troupes du dictateur-colonel Kadhafi et éviter un bain de sang à Benghazi, fief des insurgés libyens.

Tout d’abord le texte de la résolution lui-même : Travaillé à la virgule près, il est suffisamment flou pour ménager toutes les nations membres du conseil de sécurité, et pour laisser une marge de manœuvre dans les opérations militaires. Ainsi, les Russes, les Allemands et les Chinois n’ont pas perdu la face tandis que la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont obtenu leur blanc-seing pour intervenir militairement en Libye comme ils le souhaitaient. De fait, le texte lui-même permet donc de nombreuses interprétations de part et d’autre : Il autorise le recours à la force aérienne contre toute les forces armées Libyennes qui menaceraient la vie des populations civiles.

Le fait est que la notion de menace permet de frapper aussi bien en première ligne, que les postes de commandement, les bases aériennes et les moyens de communication qui seraient susceptibles d’être utilisés à des fins militaires contre les populations civiles. Dans ces conditions, le Colonel Kadhafi lui-même pourrait être considéré comme une menace pour les civils et donc éliminé, car tant qu’il sera au pouvoir, il pourra ordonner une répression sans pitié contre les insurgés. Les Américains restent prudents à ce sujet tandis que les britanniques et les français envisagent presque ouvertement d’éliminer le Colonel. Le changement de Régime n’est pas expressément autorisé par la résolution onusiennes, mais a-t’on vraiment le choix? Il est fort probable que la coalition n’abordera publiquement le sujet que lorsque le Colonel aura effectivement disparu. D’ailleurs, les Britanniques ont dépêché des commandos SAS sur le sol Libyen. Il est probable que leur ordre de mission dépasse le simple marquage laser des cibles au sol.

En 2003, la France, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Dominique De Villepin, avait catégoriquement refusé de s’engager aux côté des alliés dans l’invasion de l’Irak de Saddam Hussein, dictateur notoire. En 2011, La France fait pression sur ses alliés pour intervenir militairement contre un autre dictateur. Qu’est-ce qui a pu justifier un tel changement de posture de la part de la France?

Ce sont en réalité deux situations différentes:

  • D’abord la notion d’urgence. En Mars 2011, Mouamar Kadhafi s’apprêtait à massacrer la population de Benghazi. En 2003, Saddam Hussein ne menaçait plus directement d’importantes populations civiles (il avait massacré de nombreux kurdes  juste après la Guerre du Golfe)
  • Les justifications avancées par les Etats-Unis n’étaient pas les véritables raisons (armes de destruction massives?) alors que l’objectif était bien le changement de régime et la sécurisation des ressources pétrolières.
  • La Libye se situe aux portes de l’Europe, à quelques dizaines de kilomètres de l’île italienne de Lampedusa. Les gouvernements européens redoutent une immigration massive des insurgés libyens vers l’Europe en cas de massacres à répétition. La France est une des principales destinations de l’immigration en Europe, avec le Royaume-Uni.
  • Le Président Nicolas Sarkozy est tout simplement plus à l’action que son prédécesseur Jacques Chirac.
  • La France avait tardé à prendre la mesure du “printemps arabe” en Tunisie et en Egypte. Elle compte effacer ses précédents atermoiements en reprenant l’initiative. Stratégiquement, la France souhaite montrer qu’elle se situe du côté du peuple arabe et non de ses gouvernants. A long terme, cela permettra de renforcer la puissance et la crédibilité française dans le Monde. La voix de la France sera de nouveau audible et écoutée. En 2003, la Rue arabe était contre l’intervention en Irak.
  • La France avait invité Kadhafi il y a quelques années pour favoriser la libération des infirmières bulgares. Par cette occasion, la France avait donné sa chance au dirigeant libyen de revenir sur la scène internationale suite à sa renonciation à la violence et au terrorisme. Les derniers événements ont montré que le dictateur s’est bien joué de la bienveillance française, et il convient donc d’en faire un exemple. La politique de la carotte et du bâton, pour faire simple. La France aide les démocraties, mais punit les dictatures qui cherchent à profiter d’elle.

Les bombardements continuent, avec peut-être un transfert du commandement au sein de l’OTAN. L’objectif reste le même: éloigner Kadhafi du pouvoir ou le mettre hors d’état de nuire.

L’Occident face au piège Libyen

Depuis un peu plus de 3 semaines, les combats font rage entre les troupes pro-Kadhafi et les groupes rebelles dont l’objectif est de faire chuter le régime. Le mot a été lâché hier par la diplomatie russe : il s’agit bien d’une guerre civile, là où les occidentaux ne voient officiellement encore qu’un massacre de civils désarmés par un sombre dictateur sur la sellette.

Il ne faut pas s’y tromper. Les civils sont désormais armés et prêts à en découdre. Rejoints par une partie de l’armée, ils mettent en place de véritables stratégies militaires pour repousser les troupes loyales au leader de la révolution verte et faire tomber la capitale Tripoli. En réalité, le clivage entre les révolutionnaires et les pro-Kadhafi repose sur des bases tribales. Le colonel dictateur peut encore compter sur le soutien de sa tribu, installée dans la région de tripoli tandis que les rebelles disposent du soutien des tribus de l’est, traditionnellement moins favorables au dictateur. Durant des dizaines d’années, le régime a divisé les tribus pour mieux régner. C’est cette politique qui sauve provisoirement le régime de Kadhafi d’une chute rapide à la Ben Ali.

Que peut faire l’Occident, les Etats-Unis en tête? Pas grand-chose affirme Jean-Dominique Merchet, journaliste spécialisé au sein de Marianne 2 sur son blog Secret Défense.

Même si des bruits de bottes se font entendre de part et d’autre de l’Atlantique, les Américains et les Européens sont bien d’accord pour affirmer que la seule option d’action dont ils disposent est l’établissement d’une non-fly zone, autrement dit une zone d’exclusion aérienne contre l’aviation de Kadhafi.

Envoyer des troupes au sol serait certes plus efficace pour mettre les troupes de Kadhafi hors d’état de nuire, mais ce serait jouer avec une opinion publique arabe déjà fortement anti-occidentale. Les deux camps fustigeraient l’ingérence étrangère et le néocolonialisme occidental, ce qui pourrait provoquer une fusion inédite d’un peuple révolté et de son dictateur.

Se dirige t-on vers une situation à l’ivoirienne, avec 2 gouvernements, deux zones d’influence et un statut quo dans la durée? Nous voyons déjà en ce moment en Libye une capitale bis émerger : Benghazi. C’est là où un gouvernement de transition est en train de voir le jour.

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Cette scission de la Libye en 2 risque de se concrétiser pour un moment si les rebelles n’arrivent pas à faire tomber Tripoli. Cependant, même si l’envoi de troupes étrangères au sol précipiterait les choses, Les Etats-Unis veulent impérativement se garder de faire le jeu du dictateur et re-déploient leurs troupes en méditerranée tout en étudiant les options militaires possibles.

la France vient d’envoyer quant à elle son nouveau porte-hélicoptères Mistral, bâtiment de projection multimissions, au large des côtes Libyennes. Les menaces suffiront elles à faire fuir le colonel Kadhafi? Actuellement, mêmes les analystes les plus optimistes en doutent. L’occident doit-il prendre le risque de s’impliquer davantage dans cette crise, puisque la cause lui paraît juste, au risque de se mettre à dos la rue arabe?

Peut-on envisager une mission des forces spéciales pour capturer ou éliminer le dictateur? La capture de 3 soldats néerlandais chargés d’évacuer des ressortissants étrangers hier peut-elle constituer un casus belli afin de justifier l’envoi de troupes?